Le directeur général du SO Chambéry vit mal la déconvenue subie à domicile dimanche contre Dijon qui plombe la fin de saison mais dit déjà préparer la prochaine où le SOC aura un objectif bien plus élevé.

Les objectifs du club en début de saison peuvent-ils encore être atteints après la déconvenue subie à domicile dimanche contre Dijon (défaite 20-26) ?

« On savait que dans notre plan de remonter financièrement le club, on allait avoir une saison intermédiaire sur les résultats sportifs. On visait le ventre mou mais on ne s’attendait pas à être derniers. Le top 10-12 qu’on avait annoncé n’est pour l’instant pas au rendez-vous, même si on n’en est pas si loin encore aujourd’hui. Mais la défaite contre Dijon fait qu’on n’a plus les cartes en mains, qu’on est dépendant des résultats des autres pour ne pas finir dans les deux derniers. Et quand on ne maîtrise pas son sujet, on est dans une situation d’échec. Même s’il n’y aura pas officiellement de descentes, on voulait sportivement se sauver sur le terrain et ça va être compliqué. c’est clairement un constat d’échec. On ne trouve pas les solutions pour gagner ces matchs là alors que Blagnac ou Dijon sont des équipes largement à notre portée, c’est une très grosse déception. Il faut qu’on se remette tous en question, équipe dirigeante, encadrants et joueurs, pour finir la saison du mieux qu’on peut sur les trois derniers matches. Et ne pas reproduire ce parcours et les mêmes erreurs la saison prochaine, c’est sûr. »

Prenez-vous en compte dans votre audit sportif, le fait que c’est une saison sportive particulière avec le Covid, sans public la deuxième partie de saison, et aussi six matchs « gelés » contre des formations de votre calibre que vous n’aurez pas joués et qui à un moment de la saison, vous ont conduit dans le bas du classement ?  

J’entends bien que dans la spirale négative dont on n’arrive pas à s’extraire, elle peut être accentuée par certains éléments. Mais en tous les cas, j’essaie d’être terre à terre et dire « aujourd’hui, il ne faut pas se trouver d’excuses, le fautif c’est nous, pas le Covid. Les excuses, c’est pour les faibles. Tout le monde joue à huis clos, tout le monde a eu des matchs plus ou moins arrangeants en fonction du calendrier qu’il a eu. Et il faut qu’on s’avoue qu’on n’est pas à la hauteur sur certains points et se remettre en question ».

 Vivez-vous mal ce mauvais classement alors même que la Fédération Française de Rugby vient de retenir le SOC avec six autres clubs de Nationale qui sont tous du haut du classement, comme ayant le potentiel pour viser plus haut, en l’occurrence la Pro D2 ?   

Forcément, quand l’équipe première, votre vitrine, va mal au plan sportif, ce n’est pas facile car les gens ne voient que ça. Même si aujourd’hui, il y a d’autres paramètres qui marchent bien, comme l’a relevé la FFR qui nous place dans les sept premiers clubs, forcément la vitrine du club, à la place qu’elle occupe, n’a pas l’image, aujourd’hui, du dynamisme que le club est en train de mettre. Je crois qu’on peut noter un soutien remarquable que continuent de nous apporter, malgré tout, nos partenaires et les collectivités qui, eux aussi, souffrent de leur côté. C’est vital car si on a un budget qui est à l’équilibre (2,4 M€, NDLR), que nous dirigeants faisons en sorte qu’il ne soit pas en survitesse, et que grâce à ça, on a été retenus dans les sept clubs, tout le monde du sport reste fragile. On a perdu beaucoup de recettes d’entrées de matchs, sur l’événementiel et les repas VIP, des prestations qui nous permettent aussi d’aller chercher des nouveaux partenaires d’habitude et qu’on ne peut pas mettre en place. Ce n’est pas facile mais pourtant, on a perdu très peu de partenaires depuis le début de la crise et la cellule commerciale et événementiel, autour de Paul Arnaud, fait un travail remarquable pour convaincre les uns de rester et d’autres de nous rejoindre pour être plus ambitieux encore dès la saison prochaine. C’est certain aussi que l’arrivée du nouveau stade nous aide à motiver nos partenaires, quand, lors de visions, on montre des images des travaux qui ont démarré, et du projet final.        

Avec le départ annoncé d’Antoine Nicoud en fin de saison, où en être-vous du recrutement du nouveau manager sportif ?

« On ne veut pas se précipiter car on ne veut pas se tromper. Le manager du club aujourd’hui, c’est celui qui a la clé de la réussite de notre projet sur la partie au moins sportive, voire dans sa globalité. On espère pouvoir annoncer notre choix courant juin.

On a eu beaucoup de propositions, avec des noms connus, mais on veut être sûr que notre choix sera une personne qui adhère à notre projet et ne s’en sert pas comme d’un coup de trampoline! On a fait une présélection de cinq noms, où il y a des entraîneurs qui ont déjà une expérience du niveau au-dessus, ou d’autres qui entraînent mais qui ont joué dans l’élite. J’aurais voulu continuer avec Antoine (Nicoud), il serait resté malgré les résultats, car on avait un projet sur trois ans et c’est certain qu’on aurait trouvé des solutions avec lui pour redresser la barre l’année prcohaine. Mais la proposition d’un club de Top 14 (Pau) ne se refuse pas, je le comprends. Même si ce n’est pas facile de changer de manager sur un projet comme le nôtre en phase ascendante. On est derniers, mais le fait qu’un club de Top 14 le veuille, c’est le signe de la qualité de son travail qui n’est pas récompensé cette saison, malheureusement pour lui et pour nous. »

« On devrait annoncer le nom du prochain manager courant juin »

Ne pas avoir encore de manager sportif pour la saison prochaine vous pose-t-il un problème pour façonner l’effectif de la saison 2021-2022 ?

« Ça crée une difficulté supplémentaire, parce que quoi de pire qu’un manager qui ne choisit pas son effectif. Après, c’est comme ça, on ne va pas recruter des joueurs en juillet… Et puis, il faut aussi s’appuyer sur les compétences de, Brice Mach et Lionel Grand (entraîneurs des avants et des arrières, reconduits en 2021-2022) qui maîtrisent l’effectif et le niveau de la Nationale. »

Vous avez déjà annoncé la prolongation de 14 joueurs et cinq autres devraient suivre, alors que vous êtes derniers de Nationale ? C’est une marque de confiance en ce groupe ?

« Individuellement, ce sont de bons joueurs, que je n’échangerai pas, des fois, contre ceux qui nous battent. On ne s’est pas trompé dans le recrutement. Simplement, on n’arrive pas à faire prendre la mayonnaise collectivement sur le terrain. On essaie de pérenniser au maximum ce groupe aussi car quand on impose un projet à de nouveaux joueurs, il y a toujours une phase d’inertie et on sait que dans notre division, on ne peut pas se dire « on va se réveiller au mois de décembre ». Malgré tout, et aussi, car on va viser la 6e place qualificative pour les phases finales de montée en Pro D2 dès la saison prochaine, il faut se renforcer qualitativement. Et quantitativement aussi car la dimension physique en Nationale, est importante, occasionne beaucoup de blessés et nécessite une profondeur de banc et un effectif élargi que nous n’avions pas cette saison. Si on devait se défendre, on dirait que ceux qui figurent dans le haut du classement ont une profondeur de banc en termes de nombre de contrats pros beaucoup plus importante: 40-42 pros sous contrat, nous 32. Et ils des budgets supérieurs. Et puis, il va nous falloir remplacer ceux qui vont nous quitter pour d’autres projets et clubs (Martin Carré et Germain Burgaud), d’autres qui se sont gravement blessés cette saison (le talonneur Anthony Maury et le 2e  ligne Stian Van Blerk), ou encore l’ouvreur Mathieu Belie qui arrête sa carrière. Cela fait au moins cinq joueurs déjà, et c’est à des postes clés, en plus de ceux qu’on ne conservera pas car ils ne conviennent plus dans le projet. »

Vous avez avancé dans votre recrutement ?

« On a fait signer le capitaine et 3e  ligne d’Aubenas Maxime Cèbe pour deux ans, et on devrait annoncer trois autres recrues la semaine prochaine, dont deux autres 3e  ligne, qui doivent nous apporter un plus, en fonction de nos objectifs qui seront plus élevés dès la saison prochaine, c’est très clair. »

Interview recueillie par Le Dauphiné Libéré

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